GRÈCE – Les ravages de la “sisa”, drogue de l’austérité

Publié: mai 20, 2013 dans P/Actualité

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Un sans-abri dans les rues de Thessalonique. (Reuters)

C’est un produit qui incarne les malheurs grecs. La sisa (prononcer “chicha”) fait des ravages dans le pays depuis quelques années. Cette “drogue de la crise”, à base de métamphétamine mais aussi de détergent, de liquide de batterie et autres substances inconnues, s’achète 2 euros la dose dans les rues d’Athènes.

“C’est la cocaïne du pauvre”, résume un consommateur dans un reportage vidéo glaçant du magazine anglais Vice. En quinze minutes, le journaliste Alex Miller emmène l’internaute dans les bas-fonds de la capitale grecque, où les toxicomanes confient leur crainte de ne pas survivre plus de quelques mois.

“Il y a trois manières de prendre de la sisa, explique un consommateur. Avec une pipe, une seringue ou en la sniffant. Mais laissez-moi vous dire que si vous en prenez, vous n’avez plus longtemps à vivre. C’est une drogue qui détruit les organes vitaux.”

Un autre sans-abri rencontré au cours du reportage confie que “cette drogue tue mais te donne aussi envie de tuer. Tu peux tuer une personne sans même comprendre ce que tu es en train de faire.”

Selon les activistes grecs rencontrés par Vice, le pourcentage de sans-abri a augmenté de 25 % depuis 2009. “Les six années consécutives de récession ont été brutales et cruelles”, résume le Guardian. Parmi les conséquences, l’usage de la sisa figure en bonne place aux côtés de l’augmentation des dépressions, des suicides, de la consommation d’alcool…

La popularisation de cette drogue entraîne à son tour des effets pervers, comme le recours à la prostitution chez les femmes dépendantes. Plusieurs cas de femmes ayant accepté, contre rétribution, d’avoir des rapports sexuels sans protection ont été rapportés.

Face à ce fléau, les autorités semblent assez démunies. Jusqu’ici, elles se sont contentées d’éloigner les toxicomanes du centre-ville. Des rafles connues sous le nom d’Opération Thetis”, qu’un policier rencontré par Vice tient à minorer.

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