Les Dispensaires Sociaux Solidaires dénoncent !

Publié: octobre 2, 2013 dans Communiqués -Déclarations

Le ministère de Santé procède à la fermeture des hôpitaux et au démantèlement du système de Santé.

Nous résistons!; notre arme, c’est la solidarité !

Nous, dispensaires sociaux, pharmacies sociales et structures de solidarité santé (DPSS) de la région d’Attique, nous dénonçons la politique brutale menée par la coalition gouvernementale en matière de santé.

L’exclusion criminelle des non assurés des services sanitaires gratuits, primaires et hospitaliers, se solde quotidiennement par des handicaps et des décès de milliers de nos concitoyens. Dans l’incapacité totale de faire face au coût des soins, soit ils cessent de consulter, soit ils s’adressent aux services compétents quand leur situation est irrémédiablement aggravée.

Les DPSS d’Attique dénoncent la fermeture de huit hôpitaux d’Athènes et de Thessalonique, ainsi que les dispositifs mis en œuvre pour préparer dans nos régions la suppression d’encore plus de services et de lits hospitaliers. Ces mesures sont les conséquences directes des engagements du Ministère de Santé à l’égard de la Troïka.

Nous dénonçons aussi  les licenciements de milliers des salariés du personnel hospitalier et la mise à disponibilité – mobilité de milliers d’autres, alors que ce sont des recrutements massifs dans ce secteur qui sont plus que jamais nécessaires.

Nous tenons à souligner que plus de 30 % de la population ne bénéficie plus de sécurité sociale, que les hôpitaux publics leurs sont fermés depuis trois ans, que les malades non assurés hospitalisés sont obligés de payer l’intégralité de frais d’hospitalisation et de traitement médical dont le coût s’élève très souvent à plusieurs centaines voire milliers d’euros. Cela touche les chômeurs, les pauvres, les sans-papiers, les petits commerçants incapables de payer les 450 euros par mois à leur caisse d’affiliation, ainsi que tout ce monde situé dans la zone grise du travail au noir et sans sécurité sociale.

En annonçant des « bons » pour les non-assurés et la « gratuité des médicaments », le ministère de Santé s’efforce à camoufler sa politique criminelle derrière une campagne de communication.

Mais cette politique criminelle continue de plus belle:

-l’exclusion des non assurés, l’augmentation de la participation des assurés au paiement de leurs soins,

-la fermeture d’hôpitaux, la suppression des lits, la mise en disponibilité – mobilité et le licenciement des travailleurs, la suspension d’activité des hôpitaux due au sous-financement du Système National de Santé et l’arrêt de tout recrutement

Toutes ces mesures relèvent d’une politique globale ayant comme but l’abolition du droit à la Santé ; une politique qui vise aussi à consolider la pratique d’un système de Santé entièrement commercialisé et dépendant des « partenaires » du privé ; une politique dont les résultats tragiques sont déjà tangibles quant à la vie et l’intégrité physique de milliers de nos concitoyens.

La destruction de la Santé et la transformation d’un bien public en produit marchand est l’aboutissement des politiques mémorendaires visant à atteindre des objectifs d’une rigueur sans précédent à l’encontre de tous les travailleurs du pays.

La diminution de plus de 40% des dépenses de santé publique  et les réductions drastiques en matière des programmes sociaux de santé, de prévention, d’hygiène ont un impact négatif direct sur tous les indicateurs de la politique sociale de Santé.

Nous sommes quotidiennement confrontés à l’explosion des besoins sanitaires de la population ; nous sommes bien conscients que derrière les chiffres et les données statistiques – l’augmentation de 200% des malades atteints de VIH, les cas de paludisme, le manque des médicaments, l’augmentation de 40 % des personnes sans accès au Système Public de Santé – se cachent des tragédies personnelles et familiales, le désespoir et la souffrance humaine.

Nous, les DPSS, déclarons avec toutes nos forces : Non ! Ces conséquences-là n’ont pas été inévitables ! La misère ne relève d’aucun déterminisme ; elle est le résultat concret des politiques d’austérité.

La tâche qui revient à nous tous, victimes de cette politique, est de lutter unis et déterminés afin de la renverser le plus tôt possible, ainsi que d’établir l’accès à un Système de Santé public, gratuit et universel comme droit fondamental et bien commun non négociable, indépendamment de la situation économique, sociale, salariale, religieuse, des « papiers », de la nationalité, de l’orientation sexuelle, du sexe et de l’âge des usagers.

Aujourd’hui, toute négligence, incurie ou timidité à entreprendre des actions de solidarité, tout corporatisme ou automatisme social, toute argumentation et pratique de division et de dévaluation des vies humaines apporte de l’eau au moulin d’une politique criminelle et, en dernière analyse, à une barbarie où la vie humaine vaut moins que le prix d’un billet d’entrée à hôpital.

Les DPSS essayent de par leur action quotidienne de maintenir vif le concept de gratuité des soins et d’apporter leur soutien aux victimes de cette politique ; ils dénoncent l’exclusion de non assurés, le démantèlement et la commercialisation du Système National de Santé, et appellent à une lutte durable et unitaire en vue de rétablir un Système National de Santé pour tout résident de ce pays sans aucune exclusion.

Dispensaire solidaire de Pirée,

Dispensaire social métropolitain d’Ellinikon,

Dispensaire social et pharmacie sociale d’Athènes,

Dispensaire de solidarité sociale de Péristeri,

Dispensaire social de Fylis,

Pharmacie sociale solidaire de Patisia,

Dispensaire social Agias Varvaras (en cours de création),

Réseau social des médecins et des harmaciens d’Ilion,

Réseau des médecins de Kifisia-Néa Erythréa,

Réseau de solidarité sociale d’Artemida-Spata « Manolis Geranios » (groupe de soutien psychologique)

Solidarité pour tous (section santé)

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