SANTÉ : 3 arrêtés ministériels et toujours 3 millions de personnes sans sécurité sociale

Publié: novembre 4, 2014 dans Articles / Press / Grèce

source / 4 novembre 2014

Alors que trois arrêtés ministériels auraient dû permettre aux personnes sans couverture maladie d’avoir accès à une couverture des soins médicaux et hospitaliers, rien de tout cela n’existe en pratique et il y a toujours 3.000.000 de personnes privées de couverture maladie en Grèce. En attendant, l’actuel ministre de la Santé (et l’ancien) poursuivent leur opération de communication.

 


La communication des 2 ministres de la santé face à la réalité pour 3 millions de Grecs.

Le 18 août 2013, un homme de 63 ans, exerçant une profession libérale subit un infarctus aigu du myocarde et est transféré d’urgence à l’hôpital Gennimatas d’Athènes.  »Dans mon malheur, j’avais la chance de tomber entre les mains d’excellents médecins qui ont réussi à me garder en vie en dépit des trois arrêts cardiaques que j’ai subis lors de l’intervention chirurgicale », se souvient M. Routzakis qui peut avoir remporté une victoire contre la mort mais, depuis un an, est le grand perdant dans la lutte contre l’insensibilité du gouvernement.

« Ils ont promis la couverture des soins hospitaliers et médicaux, mais rien de tout cela n’existe en pratique. Nous savons tous très bien que depuis janvier 2014 les hôpitaux opèrent sur la base de budgets ‘fermés’ et il n’y a pas d’argent« Étant dans l’incapacité de payer ses cotisations sociale depuis quelques années et après avoir été hospitalisé pour une semaine, il a reçu le certificat de sortie accompagné d’une facture de 4.757  euros que, comme il dit,  »l’on m’a demandé de payer en me menaçant que, si je ne l’acquittais pas, cette dette passerait au fisc ». En mai 2014, le ministre de la santé de l’époque, Adonis Georgiadis, annonçait que  »les personnes non-assurées seront hospitalisées gratuitement dans les établissements publics, à condition d’avoir obtenu un document relatif délivré par un médecin du PEDY (réseau national de soins de santé primaires) et un comité tripartite médical spécial ».

Toutefois, en dépit des déclarations du ministre, quelques jours plus tard, la dette de M. Routzakis est passée au fisc.   »Non seulement ce que les ministres disent n’est pas valable mais, en plus, la vérité est encore plus pénible pour nous, les non-assurés » dit l’homme de 63 ans en ajoutant que  »même les médicaments que M. Voridis (actuel ministre de la santé) a dit qu’ils seraient gratuits pour nous les non-assurés, je me les procure depuis un an par le biais du dispensaire social d’Ellinikon, puisque pour le système de santé du gouvernement, je suis inexistant et invisible ».

« Le ministère de la santé a perdu tout contact avec la logique »Au Dispensaire social métropolitain d’Ellinikon, le cardiologue Giorgos Vihas est contraint de communiquer tous les jours avec le ministère de la santé pour faire état de cas similaires à celui de M. Routzakis, dans un dernier effort de trouver une solution aux problèmes de personnes non assurées qui demandent de l’aide auprès des structures solidaires.  »Je ne leur téléphone plus… le ministère a perdu tout contact avec la logique », G. Vihas explique, outré, pour qui le ministère de la santé se moque systématiquement des non assurés.

 »Ils ont promis la couverture des soins hospitaliers et médicaux, mais rien de tout cela n’existe en pratique. Nous savons tous très bien que depuis janvier 2014 les hôpitaux opèrent sur la base de budgets ‘fermés’ et il n’y a pas d’argent » poursuit le cardiologue du dispensaire social qui, à l’ère de la crise humanitaire, opère comme un oasis d’humanité et de solidarité dans le désert de la misère du mémorandum. Les lois, les engagements et les arrêtés ministériels communs demeurent lettre morte étant donné que, derrière ces promesses, le système de santé continue à facturer les patients non assurés et, ce, sur ordre des directeurs des hôpitaux.

 »en réalité, ils[les ministères] se cachent derrière des décisions qui ne sont pas appliquées, rien que pour traiter le problème de ces gens sur le plan communicationnel »Un cas caractéristique est celui de l’hôpital général de Kastoria, dans le Nord de la Grèce, où une circulaire du directeur datée du 16 octobre informe les services financiers de l’établissement : «dans les cas des patients qui se présentent aux urgences sans disposer de leur livret de santé (pour les patients assurés) ou sans argent pour payer (pour les non assurés) le patient ou son accompagnateur signent une Déclaration d’acceptation de dette, incluant toutes leurs coordonnées (n° de carte d’identité, nom et prénom, adresse, téléphone, NIF, bureau des impôts compétent) et sont tenus de produire le livret de santé ou d’acquitter la somme requise dans un délai précis. S’agissant des Déclarations d’acceptation de dette qui ne sont pas réglées dans un délai raisonnable, il convient de suivre la procédure d’imputation de la dette auprès du bureau des impôts compétent».

Le cardiologue du Dispensaire social d’Ellinikon parle de choix conscient posé par le ministère de la santé :  »en réalité, ils se cachent derrière des décisions qui ne sont pas appliquées, rien que pour traiter le problème de ces gens sur le plan communicationnel ».

Ils n’appliquent même pas leurs propres décisions

Il est caractéristique que, rien qu’au cours des six derniers mois, il y a eu trois arrêtés ministériels communs concernant les personnes non assurées qui, néanmoins, n’apportent aucune solution véritable à ce problème social et humanitaire majeur.les personnes non assurées sont toujours confrontées au cynisme et à l’approche comptable des administrations des hôpitaux, attitude tolérée par le ministre de la santé.Le premier fut signé le 5/6/2014, par les ministères de la santé, du travail et des finances. Le deuxième, adopté le 19/6/2014, émane des ministères du travail et des finances, tandis que le troisième a été signé au mois d’août et implique les ministères de la santé, du travail et des finances.

Et, alors que l’on s’attendrait à ce que les dysfonctions du système invoquées en été par M. Voridis -qui avait demandé un ‘crédit’ de quelques semaines – soient surmontées, les personnes non assurées sont toujours confrontées au cynisme et à l’approche comptable des administrations des hôpitaux, attitude tolérée par le ministre de la santé.

 »C’est facile de mettre tout cela sur le dos des directeurs des hôpitaux, alors qu’ils n’ont mis en place aucune action de sorte à ce que les administrations puissent mettre en œuvre les décisions qu’ils ont prises », dit G. Vihas en voulant décrire comment, derrière le prétendu dysfonctionnement du système, se cache la politique d’un gouvernement qui, au nom des excédents primaires, ne se montre nullement disposé de dépenser ne fut-ce qu’un seul euro supplémentaire pour résoudre le problème explosif qui, dorénavant, concerne 2,5 millions de citoyens.

Source : avgi.gr

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