Andréas Xanthos : Garder debout le Système National de Santé (ESY)

Publié: mars 20, 2015 dans Articles / Press / Grèce

source greece

ΕΣΥ-4Le Ministre Adjoint chargé de la Santé Andréas Xanthos a annoncé dans le quotidien « Avgi » du dimanche 15 mars la suppression immédiate du « ticket d’entrée » à 5 euros pour les consultations externes dans les Hôpitaux et les Centres de Santé du Système National de Santé (ESY) du pays et aussi bien la suppression de l’ignoble ordonnance sanitaire 39 A qui concerne les femmes séropositives. Andréas Xanthos a rassuré que le Service de Neurochirurgie de l’Hôpital Pédiatrique « P. et A. Kyriakou » ne fermera pas et il a souligné avec insistance que la confrontation de la crise humanitaire qui sévit dans le pays est pour le gouvernement un choix à sens unique, même dans des conditions de déficience budgétaire.
INTERVIEW AU JOURNALISTE VASSILIS VENIZELOS
Avez-vous l’impression que la politique gouvernementale pour la Santé sera contrainte par les dures nécessités budgétaires ou bien y a-t-il la possibilité de redresser la pitoyable  situation du Système National de Santé même avec des moyens et des budgets déficients ?

L’application ces dernières années des mesures associées aux mémorandums a conduit les patients à la détresse et les médecins et autres salariés des Hôpitaux Publics au désespoir. L’image actuelle des établissements hospitaliers est une du tiers monde et en aucun cas ne correspond avec l’image du Système National de Santé d’un pays européen. Le du Système National de Santé (ESY) est en train de s’effondrer et nous sommes face à une situation de besoin extraordinaire. Nous savons bien sûr que nous ne pouvons pas du jour au lendemain transformer la Santé Publique de fond en comble. Nous sommes cependant décidés de faire ce qui est humainement possible pour garder debout le Système de Santé et garantir à tous les citoyens du pays l’accès sans entraves au bien fondamental du soin sanitaire. Nous avons déjà démarré l’ouverture de postes de médecins supplétifs dans des hôpitaux – principalement  en province – et d’internes dans les Unités de Soins Intensifs. De surcroît nous avons constitué des groupes de travail pour les Soins Primaires de Santé et pour la facilitation de l’accès des personnes sans couverture sociale au Système National de Santé. Oui, il est vrai qu’il y a une « déficience budgétaire ». Mais il y a aussi une crise humanitaire et le choix de la confronter est pour nous à sens unique.
Y a-t-il l’éventualité de se retrouver en 2015, par la force des choses et à cause des pressions exercées depuis l’étranger, face à une nouvelle diminution du budget des Hôpitaux, déjà bien réduit ?
Il n’est pas possible de procéder à une nouvelle diminution du budget des Hôpitaux compte tenu que leurs besoins de financement sont incompressibles. A ce point j’aurais souhaité apporter une précision : ces derniers jours circule par des voies parallèles une fiction selon laquelle nous aurions diminué les budgets des établissements hospitaliers de 51%. Il n’en est pas question. Nous n’avons pas « taillé » dans les budgets des Hôpitaux et nous n’en avons pas l’intention.
Je vous transmets une double question  qui voit régulièrement le jour dans les reportages. Pourquoi la mesure odieuse du paiement obligatoire de 5 euros par les patients pour accéder aux consultations externes des Hôpitaux et Centres de Santé du Système National de Santé n’a pas été supprimée et aussi bien l’inacceptable ordonnance sanitaire 39A, en application de laquelle ont été maltraitées et publiquement dénigrées en mai 2012 des femmes séropositives, exténuées et en situation de faiblesse,  usagères de drogues intraveineuses ? Ne s’agit-il pas simplement juste d’apposer deux fois la signature ministérielle ?
Les deux sujets que vous évoquez sont en substance terminés. Concrètement, le « ticket d’entrée » à 5 euros est en suppression. C’est une question de jours, et la Décision Ministérielle Conjointe sera déjà en application au moment de la publication de l’interview. Il en est de même de l’ordonnance qui concerne les femmes séropositives.
La situation des internes du Système National de Santé (ESY) dans tout le pays qui s’éloignent progressivement d’ESY menace de dépouiller les Départements hospitaliers de Soins Intensifs, y compris dans les grands hôpitaux d’ESY et, en substance, menace de fermeture des Services hospitaliers entiers. Suite à votre intervention une telle situation a été évitée à l’Hôpital « Sismanoglio » d’Athènes. De quelle manière la question globale sera traitée et, en fait, quel est le problème dans sa globalité ?
Les médecins internes fournissent une œuvre très importante dans le cadre d’ESY. Jusqu’à présent, le jour où leur convention prenait fin il y a avait le risque de leur licenciement. Il s’agit d’une question cruciale, qui devait être immédiatement répondue. Nous avons donc promulgué une circulaire à l’adresse des Hôpitaux dans laquelle nous indiquons explicitement que tout médecin interne, indépendamment de l’arrivée à terme de son stage de spécialisation ou de sa convention avec l’hôpital où il travaillait, aura la possibilité de prolonger ses services jusqu’à ce que son poste soit repris par un autre médecin interne. De cette manière il n’y aura pas un seul jour de vacance pour les postes de médecins internes. Nous avons déjà préparé un texte législatif qui arrangera le problème.
Il y a besoin urgent de faire fonctionner à nouveau le Service de Neurochirurgie de l’Hôpital Pédiatrique d’Athènes, après la démission du dernier héroïque neurochirurgien d’enfants de l’établissement. Prenez-vous déjà des mesures concrètes pour cette situation ?
Tout au départ j’aurais souhaité exprimer mon estime pour l’œuvre effectuée par  le Service de Neurochirurgie de l’Hôpital Pédiatrique « P. et A. Kyriakou ». Les problèmes cependant qui s’y rencontrent sont nombreux et  mettent en risque son bon fonctionnement. J’ai parlé avec M. Mikhalis KOUTZOGLOU, le médecin chef du Service, et  je suis au courant de la situation dans sa globalité. Le sous-encadrement des Services dans plusieurs hôpitaux est un phénomène général, que nous sommes appelés à traiter et nous le ferons. Des cas comme celui du Service de Neurochirurgie de l’Hôpital Pédiatrique « P. et A. Kyriakou » sont d’une plus grande urgence et nécessitent d’être confrontés rapidement et efficacement. La question est en voie d’être arrangée et dans aucun cas ce Service ne fermera.
En coopération avec la Fédération des Unions des Médecins Hospitaliers de Grèce (OENGE), il y aurait au Ministère de la Santé un plan pour la résolution définitive de la question des horaires de travail des médecins d’ESY, une question pour laquelle la Grèce a été mise en accusation devant le Tribunal de l’Union Européenne, suite à la requête de la Commission à ce sujet. Quel modèle d’horaires proposez-vous pour les médecins hospitaliers ?
La question des horaires de travail des médecins hospitaliers est sérieuse et elle concerne le fonctionnement sécurisé de la garde des Hôpitaux. Aujourd’hui les directives européennes ne sont pas appliquées à cause du sous-encadrement médical d’ESY. La résolution de cette carence peut se faire seulement par un plan de comblement graduel des manques énormes en personnel médical des structures publiques de soins. Notre volonté politique est assurée. La possibilité de la mettre en œuvre est l’objet de notre effort quotidien.

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